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Full text of "Un peintre des enfants et des mères, Mary Cassat"

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ACHiLLE SEGARD 




MARY CASSATT 

Un Peintre 

des Enfants et des Mères 



OLLENDORFF 



PARIS 



* 




















* 



MARY CASSATT 



DU MÊME AUTEUR 



POÉSI E 

Hymnes Profanes. 

Le Départ à l’aventure. 

Le Mirage perpétuel. 

CRITIQUE LITTÉRAIRE 
Itinéraire Fantaisiste. 

Les Voluptueux et les Hommes d’action. 

ROMAN 

L’Envie. 

L’Avarice. 

L’Orgueil. 

Les Roses de Poestum. 

VOYAGE 

La Sicile (Plon, éditeur). 

La Mission de la Littérature Française (Conférences de 
propagande en Orient et en Russie). 

CRITIQUE D’ART 

Sodoma et la fin de l’Ecole de Sienne au XVI e siècle 

(avec 21 illustrations, avril 1910, Floury, édit). 

Articles épars. 



Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous les 
pays, y compris la Suède, la Norvège, la Hollande, le Danemark et la 
Russie. 

S’adresser, pour traiter, à la Librairie Paul OllendoUFF, 5o, Chaus- 
sée d'Antin, Paris. 



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UN PEINTRE 

DES ENFANTS ET DES MÈRES 



MARY CASSAIT 

PAR 

ACHILLE SEGARD 



TROISIÈME ÉDITION 




PARIS 

Société d'Éditions Littéraires et Artistiques 

LIBRAIRIE PAUL OLLENDORFF 

50, CHAUSSÉE d’aNTIN, 50 



Copyright by Achille Segard, igi3. 



IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE 

Cinq exemplaires sur papier de Chine 
Quinze exemplaires sur papier de Hollande 

Numérotés à la presse. 



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MARY CASSATT 



De silhouette mince et haute, très aristo- 
cratique, habillée de noir, s’appuyant sur 
une canne et s’avançant avec précaution 
sur les allées sablées de son parc aux arbres 
magnifiques, telle m’apparut Miss Mary 
Cassatt, le jour où je lui rendis visite pour 
la première fois, dans son bel ermitage de 
Mesnil-Théribus, dans l’Oise. Je l’aidai à 
gravir le perron. Un sourire d’extrême 
bonté éclaira son visage grave, et, sous 
des boucles mêlées de fils d’argent, les yeux 
gris et bleu, couleur d’eau dormante, ani- 
mèrent tout le visage aux méplats forte- 
ment accusés. Elle me tendit une main 
énergique et fine, longue, maigre, labo- 



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MARY CAS S ATT 



rieuse et vivante, prolongement vibratile 
de la sensibilité. Nous causâmes. Sur les 
murs de la galerie vitrée des estampes ja- 
ponaises, d’un dessin précis et sûr, créaient 
une atmosphère d’art. Par une porte en- 
tr’ouverte, on apercevait l’ébauche d’un 
portrait d’enfant, en chapeau de printemps, 
rehaussé de roselettes rouges, à côté d’une 
jeune mère en corsage rouge-rose mélangé 
de violet. L’arabesque extrêmement élé- 
gante de ce groupe et l’intensité heureuse 
de la couleur avivaient la conversation 
d’une sorte de « présence » silencieuse et 
vivante. Les arbres du parc étaient immo- 
biles. Dans les intervalles de la causerie 
le silence était grave. 

« — Je suis Américaine, disait-elle, nette- 
ment et franchement Américaine. Cepen- 
dant ma famille est d’origine française. Bien 
avant la révocation de l’Edit de Nantes — 



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MARY CAS S ATT 



exactement en 1662 — un Français appelé 
Cossart émigra de France en Hollande 1 
puis alla s’établir à la Nouvelle Amsterdam. 
Son petit-fils vint s’installer en Pensylvanie. 
C’était l’arrière-grand’père de mon père. 
Ma mère est aussi une Américaine fille 
d’Américains. Sa famille était d’origine 
écossaise émigrée en Amérique vers 1700. 
Notre famille est donc établie depuis long- 
temps en Pensylvanie et plus particulière- 
ment à Pittsburg où je suis née. Cependant 
ma mère était de culture française. Elle 
avait été en partie élevée par une dame 
américaine qui avait été en pension chez 
M me Campan qui dirigeait une institution 
où se trouvaient un assez grand nombre 
de jeunes filles de l’aristocratie impériale. 

1. Il y a une grande quantité de documents concernant 
la famille des Cossart dans « l’Eglise wallonne s de 
Leyde en Hollande.